Discrètement, ce mardi 19 mai, le gouvernement britannique, qui assurait pourtant, le jour même, vouloir hausser le ton face au Kremlin, a émis deux licences d'importation pour les carburants russes. La première permet au diesel et au kérosène raffinés, dans des pays tiers, à partir de brut russe, d'entrer légalement sur le marché britannique. La seconde, aborde les services de transport maritime, le financement et le courtage de gaz naturel liquéfié (GNL) provenant des usines russes Sakhaline-2 et Yamal, deux des terminaux d'exportation de gaz les plus importants et les plus lucratifs du Kremlin.

Le lendemain, le gouvernement a confirmé la nouvelle : l'interdiction d'import de ces carburants annoncée en octobre a bel et bien été revue à la baisse. En cause, les inquiétudes croissantes quant à la flambée des prix du pétrole, liée à la guerre en Iran. Le blocus du détroit d'Ormuz et, en conséquence, les interruptions de livraison de carburant ont accru la demande mondiale de combustibles russes. Des mesures temporaires, s'est justifié le ministre du Commerce, Chris Bryant, qui a assuré que l'embargo initialement prévu serait mis en application dès que possible.

1 milliard de livres dans les caisses du Kremlin

Une décision largement critiquée par la classe politique britannique. Ce mercredi, à l'adresse du Premier ministre, Keir Starmer, la leader de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a reproché au gouvernement "d'acheter du pétrole russe sale" dont "l'argent servira à financer le massacre de soldats ukrainiens". De l'autre côté de l'échiquier politique, la députée travailliste, Emily Thornberry, a déclaré que l'Ukraine avait été "très déçue". Quant à Volodymyr Zelensky qui s'est personnellement entretenu avec le Premier ministre britannique, il a déclaré le même jour que la question des sanctions était "très sensible" et que l'Ukraine avait "fait part de ses positions à ce sujet" à l'Angleterre.

.
dictionary
Le contenu de ce texte est identique à celui de cet article, publié simultanément sur le site historique de L'Express.